Les attaques par compromission de la messagerie en entreprise (BEC, Business Email Compromise) sont l'une des formes de cybercriminalité les plus coûteuses. Elles sont également parmi les menaces les plus difficiles à détecter, car elles présentent moins de signaux d'alerte évidents. Contrairement au phishing traditionnel, les attaques BEC ne reposent pas sur des pièces jointes ou des liens malveillants. Elles ont recours à des tactiques d'ingénierie sociale pour convaincre les collaborateurs d'effectuer des virements, de modifier des coordonnées de paiement, de partager des données sensibles, et plus encore.
Depuis 2013, les attaques BEC ont entraîné plus de 55 milliards de dollars américains de pertes potentielles ou avérées dans le monde à travers plus de 300 000 attaques. À mesure que les entreprises adoptent davantage de plates-formes de messagerie cloud et de workflows d'IA agentique, les cybercriminels ont plus d'opportunités d'exploiter la confiance, le calendrier et les processus.
Pour réduire les risques, les entreprises doivent aller au-delà des contrôles traditionnels de protection de la messagerie électronique et se concentrer sur la manière dont ces attaques parviennent à leurs fins.
Ci-dessous, nous expliquons pourquoi les attaques BEC continuent à passer entre les mailles du filet et ce qu'il convient de faire pour les prévenir dans les environnements modernes.
Qu'est-ce que le piratage de la messagerie en entreprise (BEC) ?
Le piratage de la messagerie en entreprise (BEC, Business Email Compromise) est un type d'attaque ciblée dans le cadre duquel un cybercriminel se fait passer pour une personne de confiance, telle qu'un dirigeant, un collègue ou un fournisseur, afin de tromper les collaborateurs pour qu'ils transfèrent des fonds, modifient des coordonnées de paiement ou partagent des informations sensibles.
Les attaques BEC fonctionnent parce qu'elles ressemblent à des demandes légitimes. Les cybercriminels utilisent souvent des comptes compromis ou s'insèrent dans des fils de discussion existants, de sorte que leurs actions semblent être des communications professionnelles normales.
De nombreuses attaques BEC sont également étroitement liées à la compromission de comptes de messagerie. Un cybercriminel accède alors à une boîte email légitime, ce qui lui permet de contourner les défenses traditionnelles et d'envoyer des emails frauduleux difficiles à détecter.
Pourquoi les attaques BEC se multiplient-elles ?
Les attaques BEC ne datent pas d'hier, mais ces dernières années, plusieurs tendances et innovations les ont rendues plus efficaces.
Ingénierie sociale générée par l'IA à grande échelle
L'IA générative permet aux cybercriminels de créer rapidement et facilement des messages convaincants qui correspondent au ton, au langage et au contexte de personnes ou de situations spécifiques. Combinée aux informations publiques sur les collaborateurs et les fournisseurs, elle permet aux cybercriminels de lancer des campagnes BEC hautement ciblées.
Utilisation accrue des plates-formes de messagerie cloud
Des plates-formes comme Microsoft 365 facilitent la communication et la collaboration des collaborateurs, mais elles créent également de nouveaux risques. Si les cybercriminels obtiennent un accès à un compte légitime, ils peuvent se déplacer latéralement à l'intérieur de l'environnement et envoyer des messages en apparence légitimes.
Augmentation de la dépendance aux processus numériques
Des processus tels que les approbations financières, la gestion des fournisseurs et les demandes internes sont passés en ligne. Ils se sont donc accélérés, et les collaborateurs sont censés agir rapidement sur les approbations et les mises à jour de routine. Les cybercriminels en profitent, sachant que les petites anomalies sont plus susceptibles de passer inaperçues.
Lacunes en matière de sensibilisation et de formation à la sécurité
Bien souvent, les collaborateurs ne sont pas correctement formés pour reconnaître les attaques sophistiquées. De nombreux programmes de formation mettent l'accent sur des scénarios de phishing de base plutôt que sur des fraudes ciblées telles que les attaques BEC. Sans directives claires sur quand et comment vérifier les demandes, même des collaborateurs expérimentés peuvent commettre des erreurs coûteuses.
Comment les attaques BEC contournent-elles les contrôles traditionnels de protection de la messagerie électronique ?
En plus d'augmenter le volume des attaques, ces tendances exposent également les limites des contrôles hérités.
De nombreuses entreprises comptent exclusivement sur des protocoles de filtrage et d'authentification tels que DMARC. Ces contrôles sont nécessaires, mais ils sont principalement conçus pour détecter les contenus malveillants et les menaces connues – et les attaques BEC ne se comportent pas de cette manière.
Dans la plupart des attaques BEC :
- Il n'y a ni pièce jointe ni lien malveillant à analyser.
- L'expéditeur peut être un compte légitime ou compromis.
- Les messages peuvent faire partie d'une conversation existante.
- Les emails internes sont souvent considérés comme fiables par défaut.
L'authentification contribue à réduire l'usurpation de domaines, mais elle n'empêche pas les attaques qui reposent sur des comptes compromis ou des relations de confiance. Les cybercriminels ont également recours à des techniques telles que des domaines légèrement modifiés, l'insertion dans des fils de discussion en cours et l'usurpation de l'identité de fournisseurs impliqués dans de véritables transactions. Ces approches reposent sur la familiarité et le contexte, et non sur des exploits techniques.
Par conséquent, les contrôles qui se concentrent uniquement sur le contenu des emails ou la réputation des expéditeurs ont tendance à passer à côté des signaux les plus importants : la manière dont les collaborateurs communiquent, en qui ils ont confiance, et si une demande correspond à un comportement normal. Pour détecter ces signaux, il faut adopter une approche différente.
Comment prévenir les attaques BEC
Pour réduire les risques d'attaque BEC, il faut adopter une approche multicouche axée sur l'identité, le comportement et les processus. En pratique, cela signifie :
- Comprendre les schémas de communication et les relations
- Appliquer des contrôles aux communications internes et à haut risque
- Apprendre aux collaborateurs à reconnaître et à vérifier les demandes suspectes
- Utiliser des protocoles d'authentification dans le cadre d'une stratégie de détection plus large
- Surveiller les compromissions de compte et les activités inhabituelles
1. Analyser les schémas de communication et les relations
Les attaques BEC reposent sur l'imitation de communications légitimes. Vous devez donc comprendre comment vos utilisateurs interagissent habituellement. Une solution de protection efficace contre les attaques BEC vous aidera à :
- Déterminer avec qui les utilisateurs communiquent normalement
- Identifier les demandes qui ne correspondent pas au ton ou au format habituel
- Signaler les interactions qui ne correspondent pas aux relations établies
2. Appliquer des contrôles aux communications internes et à haut risque
La visibilité et le contrôle internes compliquent l'exploitation de comptes compromis par les cybercriminels. Vous avez besoin de protections qui vont au-delà du périmètre de la messagerie électronique et vous permettent de réaliser ce qui suit :
- Surveiller les emails internes pour détecter toute activité inhabituelle ou à haut risque
- Appliquer des contrôles plus stricts aux fonctions financières, RH et exécutives
- Signaler les messages qui suscitent un sentiment d'urgence ou formulent des demandes financières inhabituelles
3. Proposer une formation ciblée aux collaborateurs
Vos collaborateurs sont votre dernière ligne de défense contre les attaques BEC, et leur formation doit refléter ce qu'ils voient réellement sur le terrain. Vous avez besoin d'une formation continue de sensibilisation à la sécurité, spécifique à leur rôle, qui les prépare à :
- Identifier les tentatives d'usurpation d'identité de dirigeants
- Reconnaître les scénarios de fraude aux fournisseurs et aux factures
- Repérer les signaux d'alerte et remettre en question les demandes qui contournent les processus normaux
4. Utiliser des protocoles d'authentification dans le cadre d'une stratégie plus large
Les protocoles d'authentification aident à réduire les risques d'usurpation d'identité, mais ils ne sont qu'une partie de la solution. Vous devez les mettre en œuvre en parallèle de contrôles basés sur l'identité et le comportement pour :
- Prévenir l'usurpation de domaines à l'aide de DMARC, SPF et DKIM
- Détecter les menaces qui contournent l'authentification, telles que les comptes compromis
- Identifier les tentatives de détournement de conversation et d'ingénierie sociale
- Renforcer le niveau global de sécurité des emails et des identités
5. Surveiller les compromissions de compte et les activités anormales
La détection précoce des comportements inhabituels peut empêcher les cybercriminels d'accéder à votre environnement ou de s'y implanter. Vous avez besoin d'une visibilité sur les activités des utilisateurs et les comportements des comptes qui vous permette de réaliser ce qui suit :
- Identifier les connexions qui ne correspondent pas aux schémas normaux
- Détecter les changements soudains dans le comportement d'envoi
- Surveiller les règles de boîte email ou les activités suspectes
Ce qui fonctionne contre les attaques BEC
Pour réduire les risques d'attaque BEC, il faut se concentrer moins sur le filtrage des messages et davantage sur la manière dont les cybercriminels exploitent les personnes, les relations et les workflows.
Des défenses efficaces sont construites autour de la capacité à :
- Détecter les compromissions d'identité à un stade précoce
- Identifier les comportements de communication anormaux
- Surveiller les interactions relatives aux fournisseurs et aux paiements
- Obtenir une visibilité sur les environnements cloud tels que Microsoft 365
Les attaques BEC sont un problème de processus. C'est pourquoi leur blocage exige des contrôles coordonnés entre les personnes, la technologie et les workflows. L'étape suivante consiste à les mettre en œuvre d'une manière qui fonctionne dans votre environnement.
Comment Proofpoint peut aider
De nombreuses entreprises disposent déjà de mesures de protection de la messagerie électronique, mais les attaques BEC continuent à passer entre les mailles du filet. Le problème, c'est que ces messages n'ont pas l'air malveillants – ils ressemblent à des communications professionnelles normales, ce qui les rend difficiles à détecter par les contrôles traditionnels.
Proofpoint comble cette lacune avec une approche centrée sur les personnes de la protection de la messagerie électronique, vous permettant de :
- Détecter les comptes compromis et les utilisations abusives d'identités à un stade précoce
- Identifier les demandes frauduleuses qui semblent légitimes
- Protéger les workflows de paiement et les communications avec les fournisseurs
- Obtenir une visibilité sur les menaces dans différents environnements tels que Microsoft 365
Proofpoint Core Email Protection s'appuie sur l'IA, l'analyse comportementale et la threat intelligence pour bloquer les menaces email avancées, y compris les attaques BEC, le phishing et la prise de contrôle de comptes. Il prend en charge à la fois les passerelles de messagerie sécurisées et les déploiements via API, vous permettant de protéger votre environnement de la manière qui convient à votre entreprise.
Dans de nombreux cas, les lacunes de la protection contre les attaques BEC ne deviennent visibles qu'une fois qu'une attaque parvient à ses fins. Prêt à combler les lacunes de votre système de protection de la messagerie électronique ?
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